Auteur : Duuduu l'insubmersible ! (et pourtant je me noie à moitié dans une marre de feuilles !)
Note : Rufus je t'aime ! Enfin non ... je sais, je joue mal T_T
SEPT ANS PLUS TARD ...
I
« Je m'en fiche ! Tu m'entends ?! Tu te démerdes comme tu veux mais tu me déplaces ce putain de congrès !! »
Le jeune homme accéléra encore le pas, de plus en plus énervé. Une main crispée sur le portable à son oreille et l'autre desserrant légèrement sa cravate beige, il traversa un nouvel embranchement avant de tourner sur sa droite pour emprunter un couloir plus large. Ses traits se tordirent encore lorsqu'il se remit à hurler. Ses impeccables cheveux blonds étaient coiffés de façon stricte, raie à gauche, aucun épi ne dépassant, en un mot parfait. Engoncé mais terriblement charismatique dans son trois pièces crème, il agitait les bras en tout sens comme un meunier qui espérait faire tourner son moulin plus vite.
« Monsieur ! Monsieur !! »
Marchant toujours, Rufus ne se retourna même pas pour savoir qui était-ce. Inutile pour lui. Qui était autorisé à pénétrer à cet étage ... Et qui ne l'appelait que Monsieur ...
« Ah ! Tseng ! »
De même taille, bien que de constitution plus athlétique, l'élégant chef des Turks rejoignit son supérieur au pas de charge. Ses cheveux bruns étaient rattachés en une élégante queue de cheval, à moitié défaite par la course précipitée que sa tâche l'avait amené à faire.
« Rapprochez-vous si vous voulez me parler mon ami, je suis pressé », expliqua le fils ShinRa sur le ton docte du parfait chef de service, à la fois grossier et gentleman.
Le nouveau venu, arrivant à sa hauteur, pas même essoufflé, tendit une main pour le saluer. Se rapprochant de son oreille il y chuchota précipitamment quelques mots. En réponse, son interlocuteur aux mèches irréprochables de perfection agita une main comme pour chasser un insecte qui viendrait l'embêter durant une affaire importante. Quand l'information se reconstruisit peu à peu dans sa tête, il s'interrompit, se retournant vers Tseng, médusé et bouche grande ouverte. Ses yeux bleus trahissaient son effarement. Alors que l'homme à qui il téléphonait semblait crier, agacé, il réussit à bredouiller misérablement :
« J'te rappelle. »
Il referma le clapet de son portable comme un robot, fixant toujours son subalterne. Ce dernier, l'air tout autant aux abois, désigna le couloir derrière lui et pressa son patron d'un ton plaintif :
« Ça va passer d'une minute à l'autre, hâtez-vous j'vous en prie ! »
Rufus referma la bouche et bafouillant une réponse quasi-inaudible, passa devant son subordonné avec un air hagard. Puis l'élégant chef des Turks s'engagea dans le couloir ... à la suite de son employeur irréprochable de perfection ...
...
... et coûterait 35 millions de jils selon les autorités du pays. Et puis nous revenons à la ShinRa ce soir, mais plus pour débattre du bilan économique cette fois mais pour parler ... de la mort étrange de l'un de ses agents. Effectivement, après cinq années de doute et de questions sans réponses, l'énigme pourrait être enfin levée sur les étranges disparitions dont ont été victimes certains employés de la ShinRa Corps. Il faut le rappeler, plusieurs Soldats ayant appartenu à la Junte ShinRa avaient effectivement disparu ces dernières années. Selon des sources proches du président ShinRa lui-même, l'un de ces mystérieux porté-disparus, un Soldat de première classe, aurait été abattu il y a deux semaines, dans le désert de Midgar, à environ une dizaine de kilomètres de la cité. On ne sait pas encore comment ni par qui cet acte a-t-il été commis, cependant qu'aucune nouvelle concrète des autres disparus n'a été transmise. Aucun représentant de la ShinRa n'a tenu à s'exprimer sur cette affaire pour le moment mais des rumeurs d'une conférence de presse circulent. Un mystère de plus donc pour ce dossier, qui donnera lieu à une édition spéciale dans le journal du 2o heures ce soir, sur M-TV bien sûr ... Sans transition, le congrès de ... Pschhhh ... Pffmt.
...
« Putain d'merde. »
Bien sûr ce n'était qu'un murmure, l'innocent murmure du fils de monsieur le Président en personne. Mais celui-ci suffit à rompre le son cruel du silence. Le silence de la vérité.
« Monsieur ? »
Tseng s'était avancé légèrement en tendant une main timide vers son voisin.
« Ça ira », grogna ShinRa.
Ce dernier se pencha en avant, posa ses coudes sur ses cuisses avant de se tenir la tête entre les mains comme un malheureux supplicié.
« Meeeerde. »
Sa plainte résonna dans le silence que sa réaction avait provoqué.
« Qui a pu laisser filtrer une information pareille ?!! C'est une belle connerie !! hurla-t-il en se redressant.
- Qu'est-ce qu'on fait ? questionna le Turk d'une voix dénué de tout sentiment, après tout c'était l'autre le patron, pas de soucis à se faire lui.
- Quoi « qu'est-ce qu'on fait ? » ?!! On oppose directement un démenti !! »
Rufus se leva et fit les cent pas et, dans le même temps, se passa successivement les mains sur le visage, dans les cheveux, dans sa poche de pantalon sur son portable, et sur sa cravate pour la desserrer ... Et il recommença. A peine névrosé.
« J'ai bien peur, hélas, que ce soit trop tard pour nous. Si nous bougeons le moindre orteil, tous les journalistes se jetteront sur nous et nous les aurons sur le dos en permanence. »
L'homme qui avait parlé se rapprocha des deux autres, le visage fermé. Malgré son impeccable trois-pièces bleu sombre, on aurait dit un pirate. Et pour cause, il en avait toutes les caractéristiques, la peau marquée par la brûlure du soleil, un clou d'or à l'oreille droite, jusqu'à la petite lumière teintée d'avarice dans l'½il. Il avait une énorme balafre qui lui barrait le visage de la tempe gauche au menton. Oui, d'un capitaine corsaire, il n'en avait pas que l'air, il en avait aussi la chanson.
« Que se passe-t-il Rufus ? Vous ne pensez pas avoir les épaules assez solides pour supporter une banale affaire de calomnies ? A moins que vous n'ayez quelque chose à vous reprocher ? »
Le concerné stoppa son manège et resta muet de surprise avant de se retourner vers l'actionnaire.
« Putain de merde de saloperie !! Vous n'allez pas me dire que vous avez fait descendre ce mec ??!! » reprit ce dernier.
ShinRa baissa les yeux et Tseng détourna le regard.
« On l'a pas vraiment « fait descendre » vous voyez ... On voulait le ramener mais il a refusé ... » dit le blondinet d'une voix minuscule.
L'homme d'affaires plissa les yeux et son ton se fit plus glacé encore :
« Hojo et ses expériences ? »
Comme le fils du Président avala sa salive de façon trop sonore pour être honnête, il en déduisit que oui. Le chef des Turks se réveilla enfin :
« Monsieur ? Des ordres ? »
Rufus alla se rasseoir dans le canapé et resta à contempler la moquette bordeaux avec un intérêt palpable. Il finit par articuler difficilement :
« Hum, et bien ... Si on disait que ... que Fair était un déserteur ? »
Après sa première proposition, il sembla ragaillardi et poursuivit avec plus d'entrain :
« Ou non ! Un espion ! A la solde d'Utaï ! Qu'en pensez-vous ?? »
L'actionnaire se rapprocha, grand ombre menaçante :
« Ne soyez pas plus ridicule Rufus, vous l'êtes déjà bien assez en temps normal. Non, on n'abat pas les coupables ni dans le premier cas ... ni dans le second.
- Et alors ?! Nous sommes la ShinRa bon sang ! répondit le blond en relevant la tête vers le pirate.
- Le nom « ShinRa » n'excuse pas tout Rufus !! Demandez aux Turks de nettoyer et puis c'est tout !
- Raaah ! N'employez pas ces mots-là !! ragea le concerné en se prenant la tête entre les mains.
- Vous voyez ça ? (Il désignait sa cicatrice :) Ce sont les marques de mes combats Rufus, mes combats avant de parvenir au sommet et posséder enfin ma propre chaîne ! Comment croyez vous que votre père a monté un empire Rufus ?! Il porte les mêmes marques que moi ! Lui aussi a dû se battre dans la rue pour un jour pouvoir regarder les autres lutter à sa place ! Vous savez qu'il a parfois fallu apprendre aux Turks à préparer le terrain, à « nettoyer » si vous préférez.
- Monsieur ... hésita Tseng, vacillant.
- On ne devient pas la première entreprise mondiale dans le secteur de l'énergie rien qu'avec des employés exemplaires et des chiffres dans le vert à la fin de l'année !! hurla l'homme en sortant de ses gonds. Moi je sais ce que vous allez faire, vous allez sortir votre putain de PHS et dire que ce Soldat avait été enlevé par la Cellule Bleue d'Utaï et qu'il a été tué par ses ravisseurs terroristes ! Ou trouvez autre chose dans l'heure ! Sinon je claque la porte de cette pièce pour ne plus jamais y refoutre les pieds !! Est-ce clair ?! »
Rufus ouvrit la bouche et bégaya, complètement blême :
« Vous ... vous plaisantez ? »
L'actionnaire se dirigeait vers la porte et, entendant ses paroles désespérées, il arrêta son geste et se retourna dans l'encadrement, grand et froid :
« Jeune homme, j'ai investi trente millions de jils dans cette affaire, je tiens vingt-sept des parts que votre père m'a vendu ... Alors je n'ai certainement aucune envie de plaisanter !! »
Il claqua la porte et cela sembla ébranler jusqu'au sofa cramoisi où le fils à papa ShinRa tenait son auguste fessier posé ...
...
« Tseng ? »
Le blond venait de retrouver la parole.
« Oui monsieur ? »
« Je ... non rien ... Je ne sais plus. »
Le Turk regarda le plafond, paraissait hésiter et finalement ...
« Monsieur ? ... Monsieur ? Puis-je vous faire remarquer une chose ? »
Il ne l'entendit que murmurer un bref « ... eghfuvndv au point où j'en suis enfrbrzke ... » et se permit donc tout seul de continuer :
« Je vous rappelle que c'est vous qui gérez ce genre de choses d'habitude. Je vous conseille donc de trouver rapidement une solution. »
Rufus leva les yeux vers son subalterne, l'air complètement hagard. Quand à l'utaïen, il renforça sa position, pieds solidement ancrés dans le sol, droit et fier ... C'est dans ce genre de moment qu'on voit qu'il peut être un peu plus qu'un simple serviteur et un peu moins qu'un doberman servile :
« C'est vous qui avait laissé Hojo faire ses petites expériences, alors maintenant sortez-nous de là. »
Il se tourna vers la porte et fit deux pas vers elle, avant de s'interrompre ... Quelque chose le tracassait ...
« Une question juste ... Vous savez comment l'info a-t-elle pu filtré ? »
Son patron se prit les sinus entre l'index et le pouce en geignant. Tseng se racla la gorge ... et manqua sursauter quand le blond se décida enfin à lui répondre :
« Bien sûr que je sais ! C'est cette salope ! Une petite journaliste de mes deux qui s'est ramené la bouche en c½ur 'y a trois jours !!
- ... Vous ... ?
- Evidemment que oui ! Elle demandait que ça !
- Et chez vous ?! s'étouffa l'utaïen en comprenant la situation.
- Et bien ... je te laisse imaginer ... En attendant, pendant que je dormais encore, cette garce en a profité pour fouiller ! »
Tseng serra les poings, se concentrant sur la moquette pour tenter de se calmer. Il redressa la tête et fixa Rufus ShinRa en grinçant des dents avant de déclarer froidement :
« La prochaine fois ... emmenez vos conquêtes baiser à l'hôtel. Ce n'est qu'un conseil d'ami. »
Il referma la porte sèchement.
A suivre ...